Qui a dit ? Citations historiques
Une phrase, quatre suspects : à vous de retrouver qui l'a réellement prononcée ou écrite. De la réplique de Jeanne d'Arc à ses juges au débat télévisé de 1974, ces citations ont toutes une source solide, discours, lettre, livre ou procès-verbal. Mais attention : l'histoire regorge aussi de mots célèbres que personne n'a jamais dits. Quelques questions pièges vous demandent donc de démêler la légende de la réalité. Vous disposez de six minutes pour les 20 questions. Chaque réponse est suivie d'une explication qui replace la phrase dans son contexte, parfois inattendu.
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Qui a dit ? Citations historiques
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Question 1 / 20
« Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; et si j'y suis, Dieu m'y tienne. » Qui répond ainsi à ses juges, qui lui demandent si elle se croit en état de grâce ?
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Question 2 / 20
Selon Grégoire de Tours, qui lance à Clovis lors de son baptême : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré » ?
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Question 3 / 20
Après sa capture à Pavie en 1525, François Ier aurait écrit « Tout est perdu, fors l'honneur ». Qu'écrit-il réellement à sa mère, Louise de Savoie ?
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Question 4 / 20
« Paris vaut bien une messe » : que sait-on vraiment de cette phrase célèbre ?
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Question 5 / 20
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Quel penseur a écrit cette phrase ?
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Question 6 / 20
« L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. » De qui est cette ouverture fracassante ?
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Question 7 / 20
Quel philosophe conclut nombre de ses lettres par un rageur « Écrasez l'infâme ! », parfois abrégé « Écr. l'inf. », visant le fanatisme religieux ?
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Question 8 / 20
On prête à Marie-Antoinette : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » Où trouve-t-on déjà l'anecdote, attribuée à « une grande princesse » ?
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Question 9 / 20
« De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ! » Qui lance cet appel en septembre 1792 ?
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Question 10 / 20
À Waterloo, quel général de la Garde se voit attribuer « La Garde meurt mais ne se rend pas », une phrase qu'il a toujours niée ?
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Question 11 / 20
« Le roi règne et ne gouverne pas » : qui popularise cette formule du parlementarisme dans le journal Le National, en 1830 ?
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Question 12 / 20
« Qu'est-ce que la propriété ? […] C'est le vol. » Qui publie cette réponse provocatrice en 1840 ?
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Question 13 / 20
« L'Empire, c'est la paix. » Qui fait cette promesse à Bordeaux, en octobre 1852 ?
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Question 14 / 20
« Le cléricalisme ? Voilà l'ennemi ! » Qui lance ce cri à la Chambre le 4 mai 1877 ?
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Question 15 / 20
« Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix […], porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l'orage. » Qui parle, en 1895 ?
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Question 16 / 20
« Politique intérieure, je fais la guerre ; politique étrangère, je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. » Qui parle, le 8 mars 1918 ?
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Question 17 / 20
« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. » Qui prononce ces mots à la radio, le 17 juin 1940 ?
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Question 18 / 20
« Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! » Qui clame cela à l'Hôtel de Ville, le 25 août 1944 ?
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Question 19 / 20
« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. » Qui prononce cette phrase à l'Assemblée nationale, en novembre 1974 ?
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Question 20 / 20
« Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du cœur. » Qui porte cette estocade lors du débat télévisé du 10 mai 1974 ?
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Réponses et explications
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La bonne réponse de chaque question, avec son explication.
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« Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; et si j'y suis, Dieu m'y tienne. » Qui répond ainsi à ses juges, qui lui demandent si elle se croit en état de grâce ?
Réponse C : Jeanne d'Arc
Interrogée le 24 février 1431 à Rouen, Jeanne esquive le piège : répondre « oui » eût été présomptueux, « non » un aveu de culpabilité. La réponse est consignée mot pour mot dans le procès-verbal du procès.
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Selon Grégoire de Tours, qui lance à Clovis lors de son baptême : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré » ?
Réponse A : L'évêque Remi de Reims
En latin : « Mitis depone colla, Sicamber ». Les Sicambres étaient un peuple germanique dont les Francs étaient censés descendre ; saint Martin, lui, était mort depuis un siècle.
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Après sa capture à Pavie en 1525, François Ier aurait écrit « Tout est perdu, fors l'honneur ». Qu'écrit-il réellement à sa mère, Louise de Savoie ?
Réponse B : « De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve »
La formule lapidaire est une condensation postérieure de la vraie lettre, plus longue et moins héroïque, où le roi pense aussi à sauver sa peau.
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« Paris vaut bien une messe » : que sait-on vraiment de cette phrase célèbre ?
Réponse D : Rien ne prouve qu'Henri IV l'ait jamais dite : c'est une légende
En 1622, un recueil satirique, Les Caquets de l'accouchée, prête à Sully une réplique voisine : « la couronne vaut bien une messe ». La formule « Paris vaut bien une messe » ne se répand que bien plus tard.
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« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Quel penseur a écrit cette phrase ?
Réponse C : Blaise Pascal
Elle figure dans les Pensées, publiées en 1670, huit ans après sa mort, à partir des liasses de notes qu'il destinait à une apologie du christianisme.
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« L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. » De qui est cette ouverture fracassante ?
Réponse D : Jean-Jacques Rousseau
C'est la première phrase du chapitre I du Contrat social (1762). La même année, son Émile est condamné et brûlé à Paris : Rousseau doit fuir.
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Quel philosophe conclut nombre de ses lettres par un rageur « Écrasez l'infâme ! », parfois abrégé « Écr. l'inf. », visant le fanatisme religieux ?
Réponse A : Voltaire
Voltaire l'emploie surtout dans les années 1760, au temps de l'affaire Calas. L'« infâme », c'est la superstition et l'intolérance, pas la religion en elle-même.
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On prête à Marie-Antoinette : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » Où trouve-t-on déjà l'anecdote, attribuée à « une grande princesse » ?
Réponse B : Dans les Confessions de Rousseau, rédigées quand elle était enfant
Rousseau rédige ce passage vers 1765 ; Marie-Antoinette, née en 1755, vit alors à Vienne et n'a qu'une dizaine d'années. Elle n'a jamais prononcé cette phrase.
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« De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ! » Qui lance cet appel en septembre 1792 ?
Réponse B : Georges Danton
Ministre de la Justice, Danton parle le 2 septembre 1792 devant l'Assemblée, alors que Verdun tombe aux mains des Prussiens. Moins de deux ans plus tard, il est guillotiné.
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À Waterloo, quel général de la Garde se voit attribuer « La Garde meurt mais ne se rend pas », une phrase qu'il a toujours niée ?
Réponse C : Pierre Cambronne
Blessé et fait prisonnier, Cambronne démentit la formule. Dans Les Misérables, Victor Hugo lui prête plutôt un mot de cinq lettres, devenu « le mot de Cambronne ».
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« Le roi règne et ne gouverne pas » : qui popularise cette formule du parlementarisme dans le journal Le National, en 1830 ?
Réponse A : Adolphe Thiers
Journaliste avant d'être ministre, Thiers vise Charles X. Quarante et un ans plus tard, il devient le premier président de la IIIe République.
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« Qu'est-ce que la propriété ? […] C'est le vol. » Qui publie cette réponse provocatrice en 1840 ?
Réponse D : Pierre-Joseph Proudhon
C'est le cœur de son premier mémoire, Qu'est-ce que la propriété ? Proudhon sera aussi le premier à se revendiquer « anarchiste ».
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« L'Empire, c'est la paix. » Qui fait cette promesse à Bordeaux, en octobre 1852 ?
Réponse B : Louis-Napoléon Bonaparte
Prononcée le 9 octobre 1852, juste avant le rétablissement de l'Empire. Suivront pourtant la Crimée, l'Italie, le Mexique… et 1870.
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« Le cléricalisme ? Voilà l'ennemi ! » Qui lance ce cri à la Chambre le 4 mai 1877 ?
Réponse C : Léon Gambetta
Gambetta affirme n'être que l'écho du « sentiment intime du peuple de France ». Douze jours plus tard, la crise du 16 mai 1877 éclate.
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« Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix […], porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l'orage. » Qui parle, en 1895 ?
Réponse D : Jean Jaurès
Discours à la Chambre du 7 mars 1895. La version courte « Le capitalisme porte en lui la guerre » est une reformulation : le mot « capitalisme » n'y figure pas.
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« Politique intérieure, je fais la guerre ; politique étrangère, je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. » Qui parle, le 8 mars 1918 ?
Réponse A : Georges Clemenceau
Président du Conseil depuis novembre 1917, le « Tigre » répond aux socialistes. La victoire lui vaudra le surnom de « Père la Victoire ».
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« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. » Qui prononce ces mots à la radio, le 17 juin 1940 ?
Réponse A : Le maréchal Pétain
Tout juste nommé président du Conseil, Pétain annonce aussi qu'il faut « cesser le combat ». Le lendemain, de Gaulle répond depuis Londres.
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« Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! » Qui clame cela à l'Hôtel de Ville, le 25 août 1944 ?
Réponse D : Charles de Gaulle
Le discours est improvisé. Le lendemain, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, sous des tirs isolés à Notre-Dame.
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« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. » Qui prononce cette phrase à l'Assemblée nationale, en novembre 1974 ?
Réponse B : Simone Veil
Ministre de la Santé, elle défend sa loi le 26 novembre devant un hémicycle presque exclusivement masculin, sous les insultes. L'Assemblée adopte le texte le 29 novembre ; la loi est promulguée le 17 janvier 1975.
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« Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du cœur. » Qui porte cette estocade lors du débat télévisé du 10 mai 1974 ?
Réponse C : Valéry Giscard d'Estaing
Beaucoup y voient un tournant de la campagne : neuf jours plus tard, Giscard l'emporte avec 50,81 % des voix.
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